L'illusion du désir
Inspirée par ma formidable professeure dans le domaine de la thérapie cognitive : la psychologue Irene Henriette Oestrich, qui a introduit la thérapie cognitive au Danemark dans les années 90 dans le cadre du projet Fjordhus, au Centre psychiatrique Sct. Hans de Roskilde. Ainsi que par mon superviseur, le psychologue Lennart Holm, qui a fondé CEKTOS, le Centre de thérapie cognitive et de supervision, à Frederiksberg. Nous pensons souvent qu’il faut en avoir envie avant de pouvoir faire autre chose que ce que nous avons l’habitude de faire.
Je pense que c'est la volonté qui est le moteur de l'action. Il ne s'agit pas seulement d'avoir envie. Il s'agit aussi de susciter l'envie. Dans la logique de la thérapie cognitive, les actions, les comportements, les émotions et les sensations corporelles s'influencent mutuellement. On appelle cela le « diamant cognitif » ou le « carré cognitif ». Au départ, c'était un carré, puis il est devenu un diamant à mesure que la thérapie cognitive gagnait du terrain chez nous. « La vague arrive », disait mon ancien professeur à l'université, Peter Elsass. Il n’y a pas nécessairement d’ordre précis dans le diamant cognitif, mais il y a uncontexte. Les actions génèrent de nouvelles sensations corporelles et de nouvelles émotions. L'idée ici est que si l'on veut ressentir du plaisir, il faut faire ce qui procure du plaisir. C'est pourquoi la thérapie comportementale fonctionne. Faire autre chose pour ressentir autre chose.
Tout comme dans le traitement de la dépression par la thérapie cognitive, où le principe est qu’il faut s’entraîner à adopter de nouveaux comportements et un nouveau mode de pensée pour susciter d’autres émotions. L’un de ces « pièges cognitifs », comme j’aime à les appeler, réside dans la logique des gens : ils attendent d’avoir envie de faire quelque chose de nouveau. C’est une illusion. C’est l’inverse qui se produit. Ils doivent d’abord agir différemment avant d’en avoir envie. Agir différemment pour ressentir différemment. Comme les Maoris, qui dansent un haka pour se préparer au combat. Ils font naître en eux la volonté de se battre. Regardez une vidéo d’un haka. Ça marche. C’estIntimidants, effrayants. On n’a pas vraiment envie de s’associer à eux. On dit souvent que le travail est sa propre récompense. Travailler, c’est ça, Adler. Le patient dépressif dit : « Je n’ai pas envie de me lever, donc je ne peux pas. » Non, tu dois te lever pour en avoir envie. Va faire un tour pour en avoir envie. Tu dois créer cette envie. L’envie vient quand tu fais quelque chose de nouveau. Parce qu’on le veut. C’est une question de volonté. On dit que c’est l’envie qui fait avancer les choses. Je pense que c’est la volonté.